Le pays où les rues n'ont pas de nom et où le fax se retrouve dans chaque foyer.

Publié le par GATTACA

Titre librement inspiré de la chanson de U2, mais qui reflète surtout la réalité du Japon. Car il est une différence fondamentale avec ce que nous avons l'habitude de connaître dans nos contrées, c'est que les rues du Japon n'ont pas de nom. Non de non !
Pour bien comprendre cette spécificité, il faut aussi se plonger dans la langue nippone. En effet, dans cette dernière, lorsqu'on parle de quelque cose, on part du contenant pour se concentré vers le contenu / du plus grand au plus petit / du plus général au plus précis.
Ainsi, on ne dira pas "l'eau du puits dans le jardin de la maison verte" mais "la verte maison du jardin du ouït de l'eau" (pour une traduction mot à mot).
De même, lorsque nous écrivons une adresse, nous inscrivons celle-ci de cette manière :

Destinataire
N° de voie - type de voie et nom de la voie (1 rue du GPS)
code postal - ville
Pays

On remarque que l'on part du destinataire (Machin) pour se diriger vers la zone géographique la plus large (le pays).

Si l'on transpose cette adresse en japonais, on se retrouvera avec l'inverse :

Pays
Ville - code postal
Nom de la voie, type de la voie, N° de voie
Destinataire

C'est à dire de la zone la plus large vers le destinataire.

Sauf que, comme l'annonce le titre, les rues n'ont pas de nom.
Mais alors, comment faire pour localiser un destinataire ?
Et bien par élimination. On par du plus grand et on va vers le plus petit.
On sait que c'est au Japon, ce qui élimine le reste du monde.
On sait que c'est dans telle préfecture, ce qui élimine les autres préfectures du pays.
On sait que c'est dans telle ville, ce qui élimine les autres villes de la préfecture.
On sait que c'est dans tel arrondissement, ce qui élimine etc....
On sait que c'est dans tel quartier,...
On sait que c'est dans tel patté de maisons, ...
On sait que la maison porte tel numéro.

Cette curiosité amène 2 curiosités :
Pour l'administration postale, les quartiers et pattés de maisons sont identifiés par des numéros.

- D'une part il n'est pas impossible que 2 maisons d'une même rue se retrouvent avec le même numéro, pour peu qu'elles n'appartiennent pas au même patté de maisons et/ou au même quartier
- et d'autre part pose la question de savoir comment indiquer un lieu précis à quelqu'un qui ne connaît pas le quartier.

La réponse tient en un terme simple : Indiquer le chemin à suivre.
Ainsi, si je vous invite chez moi mais que vous ne sachiez pas comment vous y rendre, je vous indiquerai que vous devez prendre le métro jusqu'à telle station, prendre la sortie nord ou sud. Une fois sortie de la station, prenez à droite passez devant le MacDo puis continuez jusqu'au bureau de poste. Prenez la première à droite jusqu'à la laverie automatique. Prenez la deuxième à gauche jusqu'au karaoke. Ensuite, continuez sur une trentaine de mètre, vous êtes arrivé.
Assez précis, mais pas très pratique vous en conviendrez. C'est alors qu'est apparut une machine fabuleuse qui a changée la vie de millions de japonais : Le fax.
Très rapidement, cette objet de communication s'est implanté dans les foyers nippons comme une mauvaise chanson s'installe dans votre esprit pour la journée.
Dès lors, plutôt que d'énumérer un itinéraire qui peut s'allonger en fonction de la distance à parcourir entre la station de métro et votre home sweet home. L'adage "un dessin vaut mieux que mille mots" trouva alors tout son sens.
Il a alors suffit de griffonner un petit schéma représentant le chemin à suivre et chaque invité se retrouve l'espace de quelques minutes dans la peau de Jim Hawkins suivant fébrilement les indications de la carte menant au trésor. Il ne tient alors qu'à l'hôte d'être suffisamment claire dans son gribouillage pour ses hôtes ne se perdent pas en route. Dans le cas ou la personne qui reçoit ait conscience des ses lacunes graphique ou que le chemin est trop long pour que le plan conserve son utilité, il lui reste toujours la solution de donner rendez-vous à la station de métro et d'accompagner ses invités jusqu'à chez elle. Mais dans ce cas, la soirée risque de commencer plus tard puisqu'en chemin les premières discussions ne manqueront pas de ralentir le pas des fêtard. Pour peu qu'en plus ils s'arrêtent à un combini pour compléter quelques achats de dernières minutes...

Et internet n'a rien changé à cette coutume, puisque les sites publicitaires, en plus d'indiquer l'adresse d'une boutique ou d'un bureau, ne manquent pas d'insérer un petit plan pour trouver facilement l'éden de nos dépenses bancaires.
Le fax, quant à lui, reste toujours aussi présent dans les chaumières, puisque le nombre de connections à internet est plus important depuis un téléphone portable que depuis une ligne téléphonique fixe. Et vous conviendrez, bien que n'étant pas nippons, qu'un plan de la taille d'une feuille A4 est toujours plus facile à lire qu'un écran de la taille d'une carte bancaire.

Je viens de l'évoquer, et ce sera l'objet de mon prochain bulletin : le combini.

@ bientôt.

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