Mercredi 10, Jeudi 11 : Jour 1

Publié le par GATTACA

Ben oui ! Avec le décalage horaire, les deux jours se confondent pour ne faire qu’une journée de 33 h. Je vous épargne les calculs, vu l’état de fatigue dans lequel je suis, il m’a fallu plus de 5 minutes pour en arriver là.

D’autant plus que le fiston de 5 ans est monté sur une centrale nucléaire à chaque fois qu’il prend l’avion et qu’il ne tient pas en place. Résultat, pas moyen de dormir plus d’heure d’affiler dans l’avion. Et dans la nuit de jeudi à vendredi, il n’a pas manquer de … non, je vous raconterai ça à la fin de ce billet. Il faut un peu ménager le suspens…



Donc, vers 8h54 environ, l’avion amorce son atterrissage. Pas trop tôt. Surtout qu’en 2009, je ne pensais pas qu’une grande compagnie aérienne européenne n’ait pas encore équipé tous ses avions d’écran dans les sièges. Donc plutôt que de me tuer les yeux à essayer de décrypter une image de 36 cm située à plus de 5 mètres de distance, j’ai donc décidé de faire l’impasse sur les divertissements audiovisuels. En même temps, vu le programme, ça ne m’a pas manqué.

 
Une fois la traversée des nuages effectuée et que la piste est en vue, devinez ce que je vois par le hublot ? (Celui qui dit « un gremlins » me copiera 100 fois « je ne me laisserai pas influencer par les épisodes de la 4ème dimension ») La pluie !
Scrogneugneu de scrogneugneu !  J’arrive  presque une semaine avant le début de la saison des pluies et voilà que je me choppe un accueil mouillé. D’habitude je ne suis pas contre, mais bon, un peu de discernement ne fait pas de mal. 2009 étant une année pourrie de chez pourrie, je ne vais pas me formaliser pour quelques litres d’eau qui tombent lors de mon arrivée. De toute façon, j’apprendrai un peu plus tard que la saison des pluies a finalement commencé aujourd’hui. Donc quitte à ne pas avoir de bol, autant que ce soit jusqu’au bout…

Donc, en ce jour bénit du 11 juin 2009, je foule à nouveau le sol nippon depuis plus de 5 ans. Autant vous dire que pas mal de choses ont changé depuis. A commencer par la législation sur la consommation de tabac. En 2003, pour fumer, il fallait se rendre dans les zones fumeurs. Aujourd’hui aussi.
Ben qu’est ce qui a changé alors ? Tout simplement qu’avant il n’était pas interdit de fumer dans les lieux publics, c’était un comportement de vie en société. Aujourd’hui, c’est inscrit en lettres de feu dans la loi. Fumer en dehors des zones fumeur est passible d’une amende. Ce qui n’a pas changé, c’est qu’on peut toujours fumer dans les bars et les restaurants. Et vous trouverez régulièrement sur le sol de gros autocollants qui ne manqueront pas de vous le rappeler et parfois qui vous indiqueront aussi la direction à prendre pour rejoindre la zone fumeur la plus proche.
Ha ! je ne vous ai pas dit ?  L’interdiction de fumer hors des zones fumeur ne s’applique que pour l’extérieur. Dans la rue quoi. Ne vit-on pas une époque formidable ? Donc, après plus de 12 h de sevrage (désintoxication) forcé, après être passé devant une caméra thermique pour voir si je n’avait pas de la fièvre (prévention de la grippe cochonne, NDLR : hmm… j’aime ce nom), après avoir franchi les services d’immigration en donnant mes empreintes digitales et m’être fait tirer le portrait, après le passage de la douane et avoir récupéré mes valises (qui me pèsent aussi sous les yeux), je me précipite vers l’extérieur de l’aérogare pour m’en griller une.
A peine allumée, je remarque au sol l’interdiction de fumer. Au plus vite, je me dirige vers la zone fumeur qui n’est rien d’autre qu’une cage de verre équipée de puissants aspirateurs d’air afin que l’air soit respirable à ceux qui s’enfument les poumons (on notera le cocasse de la situation …).

Cet interlude toxico-maniac passé, je retrouve un ami venu nous chercher en voiture.
Avant de partir, nous nous rendons au comptoir JR pour changer mon billet d’échange en JR Pass. J’en profite pour réserver mon siège pour le trajet Tokyo / Hiroshima.

Nous montons dans la voiture et direction Nishi Tokyo par l’autoroute. Des panneaux nous rappellent régulièrement que la vitesse est limitée à 80 Km/h. Les camions que nous doublons me laissent à penser que l’expression « briller comme un camion » doit être japonaise. L’électronique embarquée ne me donne pas l’impression d’être dans un vaisseau spatial, mais simplement que tout a été penser pour le confort de l’utilisateur. Le GPS est gigantesque, plusieurs antennes plus ou moins discrètes ornent le tableau de bord ou le pare-brise.
Alors que la pluie ne cesse de tomber, nous passons à côté de Tokyo Disneyland, un hypermarché Carrouf’, nous pénétrons le réseau autoroutier tokyoïte et de me faire expliquer que ce dernier est l’équivalent automobile du métro. Quasiment tout aérien, cela me donne l’occasion d’avoir de nouveaux points de vue sur différents quartiers de la ville. Nouveau point de vue de la tour de Tokyo, de l’île artificielle d’Odaïba et vue imprenable sur l’immeuble Fuji TV, la baie de Tokyo puis défilent la Mori Tower, la NTT DoCoMo tower, le Hyatt Hotel (souvenez vous de « Lost in translation ») et les tours jumelles du metropolitan gouvernment office building. Puis, à mesure que nous rapprochons du cœur de la ville, quelques tunnels ne sont pas sans me rappeler « Kill Bill ».


















Nous quittons l’autoroute pour enfin pénétrer le vrai Tokyo. Pas celui des grandes tours et des grandes avenues bondées. Non, celui des quartiers à taille humaine et dont beaucoup de rues sont juste assez large pour une voiture. Celui où les trottoirs ressemblent comme deux gouttes d’eau à nos pistes cyclables, ou les hortensias dépassent des jardins et où les passages à niveaux des différentes compagnies ferroviaires rythment au son des alertes des passages des trains la vie millimétrée des fourmis si chères à Edith Cresson.



Une fois arrivée à destination, petit casse-croûte, petite sieste puis je repars vers Kichijôji pour retrouver mon ami et faire l’acquisition d’un portable prépayé.

Chose quasi impossible si vous ne résidez pas au Japon. Mon ami m’explique que beaucoup de compagnie de téléphone portable ont abandonnée la formule prépayée car trop souvent utiliser par des criminels (attention la notion de crime n’est pas la même au Japon qu’en France). Les rares compagnies qui proposent encore cette formule s’entourent de nombreuses précautions afin de pouvoir identifier et localiser facilement le possesseur du portable et surtout afin que les nombreux touristes ne soient pas tentés de partir en laissant une ardoise impayée l’opérateur.
Dans la foulée, j’achète un trépied. Etant donnée que je risque de faire des photos de nuit au cours de mon séjour, ça sera toujours utile. Je ne recherche pas le modèle lourd ni hypersolide. Juste un trépied facile à transporter. Je me rends donc chez yodobashi camera ou son exposé une bonne cinquantaine de référence.
Je me dirige vers les premiers prix et trouve mon bonheur pour ¥ 1990.
Plus tard, en ouvrant le carton, je constate avec bonheur, que le pied est livré avec un sac de transport. C’est la que je me souviens avec délice que le Japon a une grande considération pour les clients. Que ce soit de l’accueil de ces derniers dans les magasins jusqu’à la qualité du produit ou du service vendu.
En effet, quand on y réfléchit 2 secondes, un trépied devrait toujours être vendu avec un sac de transport. L’appareil photo est bien vendu avec une courroie pour le transporter, pourquoi vendre un trépied sans un  sac de transport.
En France, le même trépied m’aurait probablement coûté au moins le double et je n’aurais pas eu le sac. Le bonheur tient quand même à peu de choses…

Le soir venu, nous allons dans un Izakaya pour casser la dalle et se siffler quelques bières, sake et autres boissons locales fortement imprégnées.
Pour vous définir ce qu’est un izakaya, ce qui, en France s’en rapprocherait le plus de serait le snack bar.









En cours de soirée, un autre ami nous rejoint et nous entraîne dans un café ou nous descendons quelques verres supplémentaires.

Commence alors l’incontournable exercice tokyoïte qui consiste à consulter sur son portable les horaires des derniers trains, bus ou métro de la soirée et de se précipiter vers l’arrêt adéquat pour ne pas avoir à rentrer à pieds ou engager des frais d’hôtels.







On remarquera que même à l’arrêt de bus, la discipline est de rigueur.  Et bien croyez le ou non, mais je vous invite à le croire, cette queue s’est résorbée en moins de 3 minutes.




A bientôt pour d’autres aventures…

PS : Penser à changer de pompes, les lacets au Japon sont à proscrire tant je ne compte plus le nombre de fois où j’ai eu à enlever mes grolles. Pourtant je le sais, mais je me fais avoir à chaque fois…

Publié dans Japon 2009

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