Lundi 22, jour 12 (première partie)

Publié le par GATTACA

Antoine entre dans la chambre.
- Didjiou ! Est il déjà 5 h00 pour qu’il me réveille ainsi ?

Allez, j’enfile mes frusques en 4ème vitesse. Hop, un petit tour aux toilettes avant de partir. Pendant la vidange matinale, je regarde ma montre, histoire de voir si je suis à la bourre ou pas. Non, je ne suis définitivement pas en retard, j’ai même un peu d’avance puisqu’il est  4h00.

La langue lourde et pâteuse, probablement une haleine de rat crevé en sus. Faut dire que les 3 verres de sake de 20 cl, les 5 bières et le coca ne m’ont pas aidé.
Je me tourne vers Antoine :
- Pourquoi tu te lèves si tôt, il est 4h00 ! C’est l’heure de dormir…
- Mais oui mais he ben moi je veux que tu me lit une histoireeeeee…
- Nan Antoine, j’te lis pas une histoire à 4h du mat’, il faut dormir, hein. Allez va te coucher.
- Je veux dormir avec toi ?
- Mais oui, bien suuur, y'a pas de problème…
Je suis trop vaseux pour me remettre en pyjama. Pour l’heure qui reste, je dormirai habillé..


- Papaaaaaaaa (d’un ton mielleu)…
- Quoi encooooreeeeee…. ?
- En faite, je veux retourner dormir avec mamie…
- D'accord poussin. Tu dors avec qui tu veux. (Profite, ça ne durera peut être pas….)
4h30. Il ne m’accordera même pas une heure entière sommeil…
….
« Bip, bip, bip, bip »  fait le réveil au petit matin.
- Salle bête !
Hmmm… C’est cool, je suis déjà habillé. Plus qu’à boire un jus de fruit et je serai frais comme un gardon.
Houlaaaaa…. Ça remue la dedans, me dis je en posant la main sur mon ventre.
Qu’est ce qui m’arrive, j’ai une montée de chaleur pas possible. Je sue à grosses gouttes. Je commence à avoir des nausées.
C’est à cause du coca, j’en suis sure.
Bon je m’assieds quelques minutes. Je laisse lâchement tomber ma tête entre mes bras et commence à somnoler.
Derrière moi, j’entends ma belle mère se demander si je fais bien d’y aller. Mon beau-père est mort de rire et Antoine n’arrête pas de tousser. Il a du attraper froid  dans la nuit de samedi à dimanche. J’avais laissé tourner la clim’ toute la nuit…
Je me sens mieux, les nausées sont parties et j’ai retrouvé une température normale.
Aller, direction la gare, il ne s’agirait pas de rater le premier train. Direction Kumamoto, sur l’île de Kyushu. Un peu plus de 8h de train… Donc pas question de le rater.
Comme la semaine dernière, 2 trains à prendre avant d’arriver à la gare de Tokyo.
Le premier arrive. Après quelques stations, je sens qu’il y a encore du monde qui est secoué dans mon ventre. Les sueurs se font de plus en plus forte, j’ai l’impression d’être en plein soleil sans souffle de vent. Les nausées se mettent elles aussi à se rappeler à moi.
- Vivement la station de transit, dépêche toi d’arriver. (Des fois que le train pourrait lire dans mes pensés…)
J’ai l’impression que je vais bientôt avoir les dents du fond qui vont baigner.
J’arrive enfin à Takadanobaba. Je sors très lentement de la rame. J’ai déjà été assez secoué par le train, pas besoin que je m’en rajoute une dose.
Houlaaa… non seulement j’ai des sueurs, mais en plus je commence à avoir froid.
- Qui m’a piqué mes jambes et me les a remplacées pas du coton… J’suis sure que c’est à cause du coca.
Je tourne rapidement la tête de droite à gauche à la recherche des toilettes en espérant que j’aurais quand même le temps de m’y rendre avant de…
Rien, pas possible, l’une des stations les plus importantes et il n’y aurait pas de toilettes ? Bon, je n’en vois pas à proximité. Réfléchir à un solution de rechange pour ne pas avoir à m’humilier devant tout le monde en vomissant sur le quai. Autant le vendredi et le samedi soir, ce n'est pas rare au Japon, autant un lundi matin...
Je vois une dame qui à un grand sac en papier. Je pourrais le lui arracher et jeter son contenu à terre avant de le remplir avec mon contenu… N’importe quoi ! Je me crois dans une comédie hollywoodienne ou quoi ?
La chance me sourit, une fontaine d’eau sur le quai. Et en plus elle a 2 vasques, dont une au ras du sol.
Très lentement, je m’approche d’elle (faudrait pas qu’elle se sauve, effarouchée par le sort que je lui réserve) je m’accroupi au niveau du bassin et sans plus attendre, la bile me rappelle que j’ai vraiment poussé un peu fort hier soir.
Moins de 2 ou 3 minutes plus tard, mon métabolisme a repris le dessus et je retrouve une température normale, mes jambes en coton me sont revenu, fidèles qu’elles sont.
Je peux prendre la yamanote (ligne de train circulaire de Tokyo) en toute tranquillité.
Arrivé en gare de Tokyo, place réservée, je suis à l’heure.
L’homme sera toujours plus fort que la boisson…

Publié dans Japon 2009

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article