Lundi 22, jour 12 (deuxième partie)

Publié le par GATTACA

Gare d’Okayama, dernière gare avant Kyushu. Le temps ne s’annonce pas des plus cléments.

Ça ne rate pas, à peine arrive-t-on sur Kyushu que le ciel est gris, et la pluie tombe à grosses gouttes. Et ce sera comme ça jusqu’à Kumamoto…





Coup de bol, arrivée à la gare, la pluie a cessé. Espérons simplement qu’elle ne reviendra pas avant d’arriver à la guest house.








Là, première réalité de Kyushu, c’est que ce n’est pas Onshu (la principale île du pays). C’est la campagne. Autant dans les villes que j’ai visitée précédemment, les plans des transports en commun affichaient le nom des stations en japonais et en romaji (caractères latin), autant ici, ce n’est plus le cas. Sauf à la gare, sur le quai le nom de la station et écrit dans les 2 types d’alphabets.
Première galère. Comment savoir sur la carte du trajet du tramway où je suis par rapport au réseau et dans quelle direction aller. Le premier tram qui se présente, je saute sur le conducteur et je l’empêche de repartir tant qu’il n’a pas su me répondre.
Le gars est sympa, avant même que j’ouvre mon clapet, il me demande où je vais.
Je lui tend un bout de papier sur lequel j’ai tenté de griffonner le nom de l’arrêt. A la tête qu’il fait, il me confirme que j’aurais du le lui lire. Kotsukyoku mae.
Allez y, dans 10 minutes, sans relire, essayez de le redire…
Il m’invite à monter dans son tramway (qui pour le coup s’appelait désir, tant j’espérais que ce soit le bon).
Le machin est vieux. Très vieux. Le sol est en bois, tellement usé que même des thermites n’oseraient y élire domicile de peur de fragiliser la structure. Mais il tiens bon. Par contre, la rame n’est pas des plus large. Avec ma valise, mon sac à dos et mon appareil photo en bandoulière, j’ai l’impression d’être un éléphant dans un magasin de porcelaine essayant d’éviter les assiettes.
Arrivé à la station, le pilote se penche hors de sa cabine et me fait un signe de la tête pour m’indiquer que je suis arrivé à destination.
Merci vieux ! T’es un pote.












Pas de difficulté pour trouver la guest house. Le plan fourni sur le site est clair et simple. La consigne sur le site était de se présenter au café à la porte jaune, qui sert de réception. Il n’est en effet pas rare que les petits hôtels cumulent deux activités.
Il y a 10 ans, lors de mon premier séjour à Tokyo, j’avais déniché un petit hôtel qui faisait aussi des articles artisanaux.
En attendant le réceptionniste, j’observe les lieux. Beaucoup de paquet de café, les machines qui vont bien derrière le comptoir, sur une table, un classeur avec des pochettes de rangement pour film négatif. J’en déduis que le ténardier doit être amateur de photos. En regardant sur une étagère, je découvre un vieux 24X36 Canon qui semble encore en état de marche.
Après quelques minutes, le taulier arrive. Assez jeune. Je dirais la trentaine naissante.
- You maïto bi soutefan ? (You might be Stephane, prononcé avec l’accent japonais)
- Yes, I’m sorry for being late. (Je devais arriver vers 14h, il est 16h passé)

Après avoir discuté un peu photo, il me montre la clef et me demande si j’ai des questions sur la ville ou autre. Puis il enchaîne en m’informant que j’ai deux voisine dans la chambre mitoyenne qui sont française… et célibataire. Ça me fait une belle jambe, je suis encore marié. Je ne vais quand même pas lui déballer ma vie. Nous ne sommes pas encore assez proche.
Je donne le change en affichant un sourire intéressé :
- That’s goooood !
 Puis j’en viens au chose sérieuse, comprenant qu’il n’ose pas me demander de régler de suite la facture.
- I must pay now, I guess ?
- Yes poulise. Me lance-t-il d’un air soulagé.
Puis, il m’invite à le suivre jusque dans la chambre (à quoi vous pensez, je ne mange pas de ce pain là) et me fait visiter les lieux. Enfi,n il me souhaite un bon séjour et s’en retourne à ses occupations photographiques.
Enfin une connexion internet. A croire qu’il ne faille qu’être touriste et crécher dans des hôtels pour avoir le minimum de confort. Un des paradoxes du Japon…
Je me dirige vers le centre commercial juste à côté pour acquérir une bouteille de shampooing et un gel douche. Ayant toujours logé chez l’habitant, je n’avais pas eu besoin d’en acheter. Mais là, ce n’est pas fourni dans la prestation.
Je fais un arrêt au Mos Burger situé dans la galerie marchande. Mos Burger est au Japon ce que n’importe quel fast food local est dans les autres pays (Quick pour la France, par exemple). Mais en 1000 fois meilleur.
De retour dans la chambre, je me précipite dans la salle de bain. La moiteur du Japon n’a pas changé. Même s’il ne fait pas particulièrement chaud, on est en état de sueur permanent rendant le moindre effort épuisant.
La pluie menace à nouveau. Le réceptionniste me l’avait annoncé en arrivant et m’avait prêté un pébroc, comme il l’a fait à tous ses résidants. Je ne veux pas dire, mais ça c’est quand même de l’accueil.
Il est 21h passé. Pour visiter le château, c’est raté. Je vais quand même sortir pour me repérer un peu. Et peu d’air frais ne me fera  pas de mal. A peine ai-je ouvert la porte de la chambre que la moiteur de l’air me rappelle que l’aire frais n’est pas de saison. Et la pluie, que nous sommes à la saison des pluies.
Je tente quelques photos de nuit. Mais la condensation entre la clim de la chambre et la chaleur de la rue ont embué l’appareil. Résultat, la moindre lumière fait apparaître un halo autour de chaque source lumineuse. Je crois que je ne ferai rien de bon ce soir.
En poussant un peu la balade, j’arrive en vue du château. Illuminé. Magnifique.
Je me place sur un quai du tramway, situé exactement dans l’axe de l’édifice.
Je sors mon trépied, installe l’appareil et fait une première photo. Le résultat sur l’écran de contrôle ne me rassure pas.
Le château apparaît trop petit. Sans compter ce problème de condensation qui me piétine l’aorte…
Je vais essayer avec le zoom. J’arriverai peut être à quelque chose avec cet objo.
J’enlève le grand angle, enfiche le zoom sur le boîtier et commence à viser.
Didjiou ! Y’a quelqu’un qui a volé le château ou quoi ? Je lève la tête.
Ben merde, ils ont éteint le château.
- Et je fais comment moi maintenant ? Hein !!!! Il est à peine 23h !!!
Bon aller, je remballe tout. En plus, il recommence à tomber des cordes.
Demain sera un autre jour. Je visiterai le château le matin avant de partir.


Les remparts
D'autres remparts

Le chateau

Chapeau de cérémonie du seigneur

Vue depuis le dernier étage du chateau

Publié dans Japon 2009

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Commenter cet article

athena66 24/08/2011 18:11



Superbe blog , vos récits sont vraiment enrichissant .....mais.....il manque la suite de vos aventures ....snifff.....ca s'arrete au jour 12 ......???



GATTACA 02/09/2011 03:51



Oui, cela fait maintenant plus de 2 ans que je me dis qu'il faudrait que je termine.


Mais des contretemps personnels, à l'époque, m'ont détourné de mon devoir. Depuis, la fraicheur du récit n'y serait plus. Je me tate donc pour continuer. De plus, j'ai bien peur d'oublier
beaucoup de détails qui font l'intérêt du récit.


Merci en tous cas



cyril 30/07/2009 15:36

C'est vrai que Kyushu c'est la campagne, j'avais fait Kukuoka à hita en train, pas de liaison directe et le deuxième train ressemblait plus à un bus monté sur rails, c'était très sympa d'ailleurs ce côté désuet, c'est un des charmes du Japon de voyager entre différentes époques.